La Source Vive : le livre ou le film ?

Ayn Rand est peu connue en France. Pourtant, cette femme de lettre a marqué les Etats-Unis à travers son œuvre littéraire et romanesque qui reflète une philosophie bien particulière, l’objectivisme.

Je vais donc vous parler de La Source Vive, l’un de ses grands romans réédité chez Plon en 2018. Un livre publié en 1943 et qui fête ses 75 ans cette année.

Qui est Ayn Rand ?

Ayn Rand, de son vrai nom Alissa Rosenbaum, est née le 2 février 1905 à Saint-Pétersbourg.

En 1917, sa famille doit quitter le pays suite à l’arrivée au pouvoir des Bolchéviques qui confisquent la pharmacie de son père.

Condamnée à l’exil, la famille s’installe un temps en Crimée. Mais en 1921, les révolutionnaires communistes poussent une nouvelle fois Alissa à partir. Elle retourne alors à Saint-Pétersbourg.

La jeune femme entame des études d’histoire et de philosophie tout en étant forcée à intégrer la propagande communiste de l’URSS naissante.

Après l’obtention de son diplôme, elle réalise qu’elle ne pourra jamais écrire ce dont elle a envie en raison de la censure.

Elle obtient alors un visa pour les USA et elle arrive à New York le 19 février 1926. Elle ne reviendra jamais. Elle prend alors le nom de Ayn Rand pour sa carrière de romancière, de scénariste et de philosophe.

Elle meure le 6 mars 1982 à New-York, elle avait à 77 ans.

La source-vive

Dans la Source Vive, Howard Roark est un jeune architecte individualiste qui évolue dans le New York des années 20.

Sa personnalité, son égoïsme ou son refus du compromis, vont le rendre aussi attirant que dangereux aux yeux des gens qui le côtoient.

Si le début du roman nous laisse penser qu’il sera question d’architecture, la réflexion sur l’art sera petit à petit mise de côté pour dériver sur un véritable roman philosophique.

Pour Ayn Rand, le roman n’est pas seulement l’art de raconter une belle histoire puisqu’il s’agit aussi d’esquisser les premiers éléments d’une réflexion plus profonde.

La Source vive est donc l’ébauche d’une philosophie qui sera complétée des années plus tard.

Cependant, cela ne doit pas effrayer le lecteur.

Car, au-delà de la porté des mots, il y a l’histoire. Et cette histoire fascinante nous permet de suivre de nombreux personnages sur près d’une décennie.

Les amateurs d’amour sans concession, de rebondissements et de trahisons pourront apprécier les efforts menés par l’auteur pour nous embarquer dans un monde qui nous est totalement inconnu.

Le livre est magnifique et reste dans la mémoire du lecteur pendant très longtemps.

Sa lecture est donc grandement recommandée.

Le film

Au moment de sa publication, La Source Vive est un grand succès.

Naturellement, Hollywood s’empare du roman et se lance dans son adaptation pour le grand écran.

Le studio Warner Bros souhaite produire un grand film et alloue un budget important de 2 millions de dollars pour les acteurs et la construction de décors grandioses.

Ayn Rand signe le scénario et c’est le réalisateur confirmé King Vidor qui imprime La Source Vive sur pellicule.

En France, le film s’appellera Le Rebelle, un titre qui semble alors plus vendeur.

Le film sort en 1949 mais ne rencontre pas son public. La critique ne comprend pas le film et le studio perd de l’argent durant son exploitation.

Jugé confus et hautain, Variety qualifiera le film de « froid, sans émotion et bavard ».

Pourtant, sans nier ces faiblesses, c’est aussi ce qui fait la force du film aujourd’hui.

Le budget important permet de savourer des dialogues exigeants dans de magnifiques décors de bureaux luxueux ou d’immeubles en construction.

Le casting, qui regroupe Gary Cooper et Patricia Neal est savoureux.

Mieux, le film réussi la prouesse de compresser environ 800 pages de roman en deux heures, sans trahir le matériau original. Un tour de force encore rarement égalée aujourd’hui.

Et, sans atteindre le côté définitif de l’œuvre originale, l’adaptation cinéma de La Source Vive nous permet de suivre cette lutte sans compromis de l’individu contre le collectif.

Conclusion

Le roman tout comme son adaptation sont deux œuvres réussies. Elles peuvent aussi bien se substituer que se compléter. Il n’est donc pas étonnant de préférer le film au roman.

Le film est alors un témoignage vivant de la maîtrise scénaristique d’Ayn Rand tandis que le roman fait vivre ses personnages et étalera avec brio toute la logique Randienne.

La romancière réussira l’exploit de faire un roman encore plus abouti en 1957 avec La Grève. Mais elle n’aura pas l’occasion de se lancer dans son adaptation au cinéma.

Je pense que le livre est beaucoup plus complet et beaucoup plus intéressant, sur l’aspect philosophique que le film. Donc lisez le livre.

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